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En un an, le converti a tout compris

Le converti dont le 24 Heures du 10 juillet 2017 apporte le témoignage résume en quelques phrases ce que certains d’entre nous tentent de prouver par livres entiers…

Séduit par la profondeur qu’il percevait dans l’islam, «Paul» s’est converti il y a un an dans une mosquée lausannoise. Question profondeur, les mosquées l’ont vite poussé vers la surface. «On n’y parle pas de spiritualité. J’ai surtout entendu des règles, c’est de l’horizontalité totale (…) L’insistance sur les règles empêche la masse de progresser dans la compréhension de la religion. Cela nourrit quelque chose de réactionnaire, de rigoriste». «Les mosquées ne répondent pas à une soif d’idéal. (…) J’ai plutôt senti une police de la pensée, influencée d’un côté par le panarabisme et le wahhabisme(…), et les Frères musulmans de l’autre».

Conclusion : «Ceux qui s’intéressent à la spiritualité doivent faire un chemin personnel. Je ne peux pas me contenter du choix entre le consumérisme néolibéral et une voie politico-religieuse». Il a décidé de se tourner vers le soufisme.

L’inénarrable BenMrad, président de la plus grande fédération de centres islamiques de Suisse, est déconcerté par les critiques de Paul. Il botte en touche. «Il n’existe pas encore de structure spécifique pour les personnes converties au niveau suisse… Si quelqu’un est en quête de verticalité et reçoit des réponses horizontales, la déception pourrait être au rendez-vous. Il suggère de créer un petit dispositif de spiritualité à usage des convertis. Les autres adeptes d’Allah, ceux qui sont nés musulmans, se sentent-ils donc parfaitement bien dans cette religion horizontale, exempte de spiritualité?

Le grand défenseur des musulmans, par ailleurs critique assidu de ceux qui les accueillent, le chercheur Christophe Monnot, est lui aussi pris de court. Pour lui, «la déconvenue de l’Européen en quête de spiritualité, de «verticalité» (…) est typique d’un environnement spirituel de type européen. Cela concerne toutes les religions. Le converti est en quête de pureté, de quelque chose de fort pour sa vie». Contrairement aux musulmans des mosquées qui cherchent si mollement à être purs et pratiquent un islam si effacé?

La multiplication des règles serait due, selon Monnot, au fait que dans le beau canton de Vaud, toutes les communautés veulent conserver leur bagage culturel. «Elles souhaitent garder le rite le plus juste possible, comme dans leur pays d’origine (…) C’est un islam fondé sur l’application des traditions».

Pas de craintes question wahhabisme et Frère musulmans: selon lui, le premier a disparu du canton et les seconds ont une bien faible influence.

Quant au traditionalisme observé par Paul, Monnot en fait une analyse stratosphérique, géopolitique, mondiale ! «En ce moment, l’islam change de configuration au niveau transnational. L’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie se livrent à une lutte d’autorité auprès des musulmans. On assiste à une mondialisation des codes où chacun veut montrer qu’il est plus pur que les autres.» Cela se traduit par davantage de rigorisme, dont «le retour du voile des femmes. »

Des phénomènes récents, vraiment?

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