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L’Autriche et sa lutte contre la radicalisation

L’Autriche s’est dotée d’une Loi sur l’islam en 2015. Elle avait fait couler beaucoup d’encre et de salive lors de son adoption, notamment dans certains pays de l’UE, Vienne étant accusée de faire le jeu du populisme et de stigmatiser les musulmans. Il faut dire que le Chancelier Sebastian Kurz, chef du Österreichische Volkspartei (ÖVP), conservateur, étant alors allié du Parti de la liberté (FPÖ), qualifié d’extrême-droite, ceci expliquait cela. Six ans après, cette loi ne fait plus la une de la presse occidentale, les accusations à son égard s’étant révélées sans fondement. Ce texte pondéré a pour but de fixer les droits et obligations des musulmans dans une société démocratique, ni plus, ni moins, et elle a clarifié bien des choses. Elle exige des étrangers de confession musulmane venus s’établir en Autriche « une attitude positive envers l’Etat et la société ». Voilà qui devrait aller de soi.

Le 2 novembre 2020 un ressortissant de Macédoine du Nord, naturalisé autrichien, commet un attentat qui coûte la vie à 4 personnes et en blesse 15 autres. Le chancelier Sebastian Kurz annonce le 11 novembre des mesures strictes contre les djihadistes se trouvant en Autriche :

- Surveillance électronique

- Renforcement des outils permettant de déchoir de la nationalité autrichienne les individus condamnés pour terrorisme et détenant la nationalité d’un pays tiers

- Retrait de certaines aides sociales ainsi que du permis de conduire

- Création d’un fichier afin de contrôler les détenteurs d’armes

- Simplification des procédures permettant de dissoudre des associations et de fermer des mosquées encourageant la radicalisation de ceux qui les fréquentent

- Création d’un registre des imams

- Création d’un fonds d’indemnisation des victimes du terrorisme

- Création d’une plateforme de signalisation des activités djihadistes

Dans le suivi de l’adoption de ces mesures, débattues en décembre au Parlement fédéral, deux mosquées sont fermées, dont celle que fréquentait l’auteur de l’attentat. Ce qui est remarquable et qui a changé par rapport à 2015, c’est que les mesures du Gouvernement autrichien contre la radicalisation et le djihadisme n’ont pas fait l’objet de critiques de la part des médias d’Europe occidentale, notamment francophones(suisses inclus). Parce que l’attentat du 2 novembre a choqué les opinions publiques ? Sans doute, mais pas seulement. Par rapport à 2015, quelque chose a changé à Vienne ; Sebastian Kurz est aujourd’hui à la tête d’une coalition qui associe son parti et les Verts ! Mieux ; ceux-ci occupent le Ministère de la Justice, un portefeuille clé dans la lutte contre ce fléau qu’est la radicalisation. Du coup, pour les bien-pensants d’Europe occidentale, le Chancelier est devenu fréquentable.

L’attentat de Vienne du 2 novembre jette une lumière embarrassante sur un phénomène que d’aucuns, en Suisse, voudraient cacher. La radicalisation de jeunes musulmans des Balkans et de Turquie. Pendant longtemps, et jusqu’à aujourd’hui, on nous a rabâché que les musulmans établis en Suisse proviennent majoritairement des Balkans et de Turquie, donc de pays sécularisés et qu’ils sont bien intégrés. Rien à voir avec les Maghrébins des banlieues françaises, promis, juré. La chose a pu faire illusion mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Le 14 septembre 2020, pour la première fois en Suisse, un homme est assassiné parce qu’il se trouvait au mauvais moment, au mauvais endroit. La victime ? Un Portugais de 29 ans. Le bourreau ? Un Turc de 26 ans, radicalisé nous disent les autorités. Voilà qui est fort embarrassant pour tous ceux qui, en Suisse refusent de voir la réalité en face, alors que plusieurs auteurs ont mis en exergue les propos haineux qui sont tenus dans des mosquées où les salafistes règnent en maître. Pour ne pas parler des Frères musulmans qui tissent leur toile dans les endroits les plus inattendus.

Camille

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